La NPT a déjà évoqué cette question du matériel botanique à plusieurs reprises. Ces choix sont importants,
intéressants, voire incontournables quand on se penche sur le marché des thés
de qualité.
Il y a un nombre important de paramètres qui comptent pour
les producteurs de thé et qui les incitent de choisir l’un ou l’autre cultivar – variété cultivée et
obtenue ou créée par l’homme.
Quand vous achetez vos premières cerises au marché au
printemps vous avez toujours la variété affichée avec le prix ; quand vous
achetez des graines pour faire des légumes dans votre potager, vous choisirez
vos haricots, tomates ou courgettes selon le rendement, la précocité, la forme
/couleur/ saveur/ résistance aux maladies, et bien pour les théiers c’est un
éventail pareil de considérations qui va
guider le choix.
Une dégustation toute récente, que la NPT a déjà évoquée sous
plusieurs angles, tellement elle a été
conviviale et instructive, nous a proposé une série de tasses de fukamushi
sencha. Ces thés ont été apportés du Comté de Kakegawa, dans le
Préfecture de Shizuoka, et les préparatifs minutieux chez Thés G.Cannon, ont
été effectués par tout un groupe de spécialistes venus à Paris pour cette
occasion.
Rappelons les principales variétés de sencha, qui est le thé
vert obtenu par étuvage le plus usuel du
Japon
** le Asamushi (浅蒸し) sencha, étuvé
légèrement, pendant environ 30’
** le Fukamushi (深蒸し) sencha étuvé profondément
pendant 60’
à12 0’
Et puis, en dehors de la méthode et de la date de la
cueillette la tasse va posséder une
couleur , un arôme et un goût qui sera fonction du cultivar utilisé ;
actuellement il y 52 cultivars qui sont officiellement enregistrés au Japon,
avec 8 parmi eux qui représentent un volume significatif.
Les gens de Kakegawa
ont préparé 4 tasses de Fukamushi sencha, à partir de 3 cultivars :
**du Yabukita :
ce cultivar domine depuis une vingtaine d’années la production japonaise avec son
installation sur environ deux tiers des surfaces théicoles .Mis au point
en 1908 par un planteur dans la Préfecture du Shizuoka et puis officiellement
enregistré en 1956 il a par la suite rapidement convaincu les cultivateurs par
ses grandes qualités, que sont en premier une forte saveur « umami »
et un très bon rendement.
De plus ce théier pousse en hauteur, avec des
branches très droites, qui prennent ainsi moins de place qu’un port étalé et se
prêtent parfaitement à la cueillette mécanique. Ce cultivar résiste aussi aux
gelés, mais il est parfois sujet à des maladies. Son nom a été choisi parce que
les premiers plants avaient été installés à côté d’un bosquet de bambou :
Yabu , situé sur le versant nord : Kita du jardin expérimental de
Hikosaburo Sugiyama. C’est vers les années 1990 que le marché s’est tourné vers
une diversification, pour mieux étaler les dates de récoltes et offrir une
palette plus large de tasses.
**du Saemidori : ce cultivar a été enregistré en 1990 ; il est né
d'un croisement du cépage Yutaka-midori avec l'Asatsuyu , lui créé en 1953 à partir
d'un théier sauvage d'Uji ; ces récoltes offrent des tasses d’ une liqueur limpide, d'une saveur
umami prononcée mais douce, peu astringente et légèrement sucrée avec des notes
de fèves azuki.
**du Tsuyu Hikari : créé en 1970 et enregistré en 2001, ce
cultivar est issu d’un croisement du célèbre Asatsuyu avec le plus rare mais également célèbre Shizu7132. Ce
dernier est recherché pour son arôme qui
rappelle les feuilles
de cerisier du Japon, les Sakura Légèrement hâtif, résistant aux maladies et au
froid, il donne d'abondantes récoltes. Pour toutes ses raisons il est ainsi
l'un des cultivars dont l’implantation est actuellement fortement encouragée
par les responsables de l’économie du thé de la Préfecture de Shizuoka.
Préparées en
fukamushi la tasse de Yabukita avait une couleur moins belle que les autres
mais plaisait au palais , la tasse de Saemidori avait des flaveurs intenses, très
umami et iodées, alors que le tsuyu hikari avait une amertume significative et
dominante.
Cette dégustation
s’est terminée par un questionnaire de notations, afin que la délégation des
professionnels japonais puisse constater les préférences des dégustateurs
français, dont la majorité ne connaissait pas ces tasses ; question à
suivre.
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