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No 63 Art.5 Le Moringa, l' arbre miracle aux feuilles à infuser.

 Par Dominique Cairol

La richesse du monde végétal n’en finit pas de nous surprendre. Chaque année met  de nouvelles plantes à l’honneur ou à la mode. Très régulièrement on peut constater que nos connaissances occidentales sont  bien étroites et que ces plantes dites nouvelles sont en fait connues depuis des siècles  dans d’autres civilisations. 
le moringa dans son environnement naturel
C’est le cas du Moringa, un petit arbre qui fait partie de la tradition médicinale  indienne, qui le considère en mesure  de guérir plus de 300 maladies ! Ce petit article va essayer de nous éclairer. 
Petit rappel botanique et historique
Le moringa (Moringa oleifera) fut décrit pour la première fois, 2000 avant J.-C. comme plante médicinale. Comme je le mentionnais, la tradition orale de la médecine  Ayurvédique indiquait que le Moringa pouvait soigner plus de 300 maladies.
 L’huile de Moringa était aussi utilisée dans l’ancienne  Egypte pour protéger la peau des agressions du soleil. Les grecs lui trouvèrent également des qualités médicinales, rapidement suivi par les romains. De là le Moringa gagna l’Afrique tropicale, puis le bassin méditerranéen et enfin avec la découverte du nouveau monde, les Caraïbes, l’Amérique du Sud. Pendant ce même temps le Moringa s’étendait dans tout l’Extrême Orient.
Le Moringa est un arbre pérenne, à croissance rapide, qui peut atteindre 7 à 12 mètres de hauteur et dont le tronc mesure 20 à 40 cm de diamètre. Les branches poussent de manière désorganisée et la canopée est en forme de parasol. Toutes les parties de la plante peuvent être utilisées pour des usages alimentaires ou médicinales, soit : les feuilles, les gousses, les graines, les racines. 

Les feuilles se développent principalement dans la partie terminale des branches. Elles mesurent 20 à 70cm de long, sont recouvertes d’un duvet gris lorsqu’elles sont jeunes, ont un long pétiole avec 8 à 10 paires de pennes composées chacune de deux paires de folioles opposé.
Les fruits forment des gousses à trois lobes qui s’ouvrent en trois parties. Chaque gousse contient entre 12 et 35 graines. Les graines sont rondes, avec une coque marron semi-perméable. Un arbre peut produire 15000à 25000 graines par an.

La récolte des graines se fait 2 fois par an en Avril-Mai et en Septembre-Octobre. Les feuilles peuvent être cueillies plusieurs fois dans l’année. (1)

Les feuilles et leurs constituants intéressants : des analyses nutritionnelles (2) ont montré que les feuilles de Moringa oleifera sont plus riches en vitamines (B1, B2, B3, B5, B6, B8, B9, A, C, E), minéraux (potassium, calcium, magnésium, fer, manganèse, sélénium) et protéines que la plupart des légumes. Elles contiennent des acides aminés dont les acides aminés essentiels (isoleucine, leucine, lysine, méthionine, phénylalanine, thréonine, tryptophane, valine). Elles contiennent deux fois plus de protéines et de calcium que le lait, autant de potassium que la banane, plus de vitamine  A que la carotte autan de  vitamine C qu'une Orange.
des graines achetées à l'UNESCO
au cours de la Semaine Africaine,
faciles à ouvrir en tapant avec une pierre plate,
grasses et suavement amères, surprenantes.

  Dans son livre "Survival and Subsistence in the Tropics" Franklin W. Martin et Ruth Ruberté (3)  écrivent : Parmi les légumes à feuilles, il y en a un qui se distingue tout particulièrement, c’est l’arbre de moringa. Ses feuilles sont une source exceptionnelle de vitamine A et, lorsque consommées crues, de vitamine C. Elles sont une bonne source de vitamine B et une des meilleures sources végétales de minéraux. Leur teneur en calcium est très élevée pour une plante et leur teneur en phosphore faible, comme il se doit. Leur teneur en fer est très bonne (aux Philippines, on recommanderait cette feuille aux personnes souffrant d’anémie). Elles sont une excellente source de protéines et contiennent très peu de gras et de glucides. Ainsi, ces feuilles sont un des meilleurs aliments végétaux qui soit. 
Sur le plan médical on retiendra que la présence de flavonoïdes  procure des capacités anti inflammatoires et des   pterygospermines des propriétés antimicrobiennes. Les autres composants aident dans d’autres affections. En phytothérapie, la poudre de feuilles de Moringa est indiquée pour stimuler le système immunitaire, réduire la fatigue, abaisser la pression artérielle, améliorer la digestion et le transit, renforcer les capacités cognitives.
un gros  concurrent du matcha 

Cependant la composition des différents constituants varie en fonction de nombreux facteurs : lieu,  mode de culture, saison etc... Ainsi, par exemple, on a démontré que la teneur en vitamine A était supérieure pendant la saison chaude tandis que la teneur en vitamine C était plus importante en saison froide (4) .
Et les contre indications ? Une consommation excessive peut entrainer quelques troubles (diarrhées, hypoglycémie...) il faut donc consulter un nutritionniste ou un médecin.
Pour préparer l’infusion dénommée parfois thé de Moringa :
Porter à ébullition 1 litre d’eau. Verser une cuillère à soupe de poudre de feuilles de Moringa et mélanger,laisser infuser 7 minutes. Consommer chaud ou froid.
A noter que l’eau bouillante modifie sensiblement la valeur de la teneur en vitamine C qui est détruite à la chaleur. Par contre elle ne modifie pas la teneur en vitamine A.
Les autres utilisations
Outre la consommation des feuilles de Moringa comme légumes , on peut  extraire de ses graines une huile alimentaire. Cette extraction se fait par pression à froid. Cette huile de couleur translucide ne rancit pas et ne  se fige pas au froid. En Inde, en Afrique (Zimbabwe), cette huile sert déjà dans la cuisine .
Les racines sont utilisées comme épices.

Si vous voulez en savoir plus
(1 ) Collectif- 1991- Le bon jardinier. Tome 3 . 153ème édition. La maison rustique. Flammarion. Paris.
(2) Lakshmipriya Gopalakrishnan, Kruthi Doriya, Devarai Santhosh Kuma – 2016 - Moringa oleifera: A review on nutritive importance and its medicinal application. Food science and human wellness. Volume 5, issue 2, June 2016, Pages 49–56
(3)Martin Franklin W. , Ruth Ruberté – 1978 - Survival and Subsistence in the Tropics, Antillean College Press, Mayaguez, PR
(4)  R. Yang, L. Chang, J. Hsu, B.B.C. Weng, C. Palada, M.L. Chadha, V. Levasseur 2006 Nutritional and functional properties of moringa leaves from germplasm, to plant, to food, to health Am. Chem. Soc. (2006), pp. 1–17.




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