Avec déjà plusieurs expos à son compte il est à Paris pour une année et émerveillé par les richesses du Louvre et les multiples courants de l’art contemporain en Europe. Continuant à travailler comme il peut il a aussi été accueilli par l’Association « Elément –Terre » ce qui lui permet de terminer ses divers travaux dans leur fours de poterie.
à l'atelier |
préparation pour le four |
C’est le célèbre maître de thé japonais Rikyu (1552 à 1591) qui a le premier codifié la cérémonie du thé lors de ses longues années au palais du Shogun Oda Nobunaga et après sa mort auprès de Toyotomi Hideyoshi. Ce dernier avait essayé de conquérir la Corée, d’où il avait ramené par la force des potiers et leurs familles et puis il avait unifié le Japon après de nombreuses batailles. D’une personnalité batailleuse et hors pair il aimait souvent se recueillir dans le pavillon à thé en compagnie de Rikyu.
C’est pendant ses années au service du Shogun Hideyoshi que Rikyu avait développé et a su faire accepter de nouvelles lignes de conduite pour la cérémonie du thé :
**la simplicité rustique des ustensiles,
** l’approche directe et
** « le cœur pur » dans la conduite du cérémonial du cha no yu.
C’est donc dans ce contexte qu’il a recommandé d’abandonner les coûteuses porcelaines importées de Chine et de les remplacer par des céramiques rustiques japonaises.
Les sources disent que c’est un potier de la cour qui a le premier inventé des bols modelés à la main, sans tour, et de les cuire une première fois à blanc ; après l’émaillage du bol suit une deuxième cuisson de la céramique, qui est donc maintenant émaillée ; celle-ci se fait à température assez faible, à moins de 1 000 degré, en mettant « en réduction » l’objet cuit immédiatement à la sortie du four, ce qui veut dire le priver d’oxygène en le couvrant de copeaux de bois que l’on allume.
Cette manière de faire en privant la céramique d’oxygène crée des craquelures, des variations de la surface et des coloris inattendus, c'est-à-dire chaque bol est un peu différent et peut donc prétendre à une « individualité « propre.
Enchanté par ces nouveaux bols à thé tout à fait surprenants et individualisés le Shogun Hideyoshi permet au potier d’apposer sur chaque pièce un estampage personnalisé, une sorte de signature du potier, qui est devenue depuis l’usage dans le domaine du Raku.
Remportant très rapidement un grand succès dans tous le pays, cette technique a été longtemps réservée à la famille du créateur ; disposant de plusieurs branches il y a eu plusieurs fours gérés par cette famille au Japon.
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réduction dans les copeaux en combustion photo Pierre Ducrocq |
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une théière originale,photo P.D. |
Depuis cette technique est devenue accessible à tous, artistes céramistes et céramistes amateurs et elle s’est aussi répandue à l’Ouest.
Etant potier moi-même bien que débutant et aussi chimiste, il me faut vous dire que jamais je ne boirais dans un bol cuit en raku ou dont l'émail présente des craquelures. Des cendres solubles et des goudrons sont incrustés dans la surface et les interstices et craquelures et ces impuretés vont se dissoudre dans la boisson. D'autre part la cuisson à basse température du raku, n'assure pas que tous les ingrédients de l'émail sont correctement fixés dans la glaçure et leur instabilité n'est pas garantie.
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